Maxime Rodinson, le savant et le militant

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Article/book #: 56507
Title: Maxime Rodinson, le savant et le militant
By: Farouk Mardam-Bey  
Published in: Politis
Date of issue: Thursday, 3 June 2004
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Commentary

Abstract:

Orientaliste atypique, marxiste iconoclaste, Maxime Rodinson, qui vient de disparaître à l’âge de 89 ans, ne se reconnaissait aucune spécialité, sauf peut-être le guèze (l’éthiopien littéraire), qu’il enseignait à l’École pratique des hautes études. Et pourtant, à consulter son époustouflante bibliographie, riche de près de huit cents entrées, on constate d’emblée que ce fils d’ouvrier immigré, né dans une famille communiste d’origine juive venue d’Europe orientale, pouvait se mesurer aux meilleurs spécialistes dans une bonne dizaine de disciplines. Il était à la fois philologue et philosophe, anthropologue et historien, sociologue et épigraphe, et à la différence de la quasi-totalité de ses pairs, il cherchait toujours à marier le souci du détail et le goût de la théorie, la rigueur du savant et la vigueur du militant. La dispersion que certains lui reprochaient ne l’a pas empêché de produire des livres et des articles de référence sur des sujets aussi éloignés les uns des autres que les inscriptions sudarabiques, la possession à Gondar, le marxisme et la nation, le secteur capitalistique en islam médiéval, les activismes idéologiques à travers l’histoire, ou encore les documents arabes relatifs à la cuisine. Sans oublier les centaines de notices, souvent non signées, qu’il a rédigées pour le Bulletin critique du livre français et qui transgressaient allégrement les frontières reconnues entre les disciplines universitaires.










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